Nous, personnels de l’éducation, syndiqués ou non syndiqués, combattons pour le retrait total de la loi El-Khomri, car nous sommes convaincus qu’elle constitue une loi de régression sociale sans précédent.

Des centaines de milliers de salariés sont mobilisés depuis deux mois, 75% de la population est opposée à la loi Travail. Face à cette contestation massive, le 10 mai, le gouvernement a fait le choix d’utiliser le 49-3 pour imposer cette loi. Ce passage en force anti-démocratique ne fait que renforcer notre volonté d’obtenir le retrait de la loi travail en construisant une mobilisation d’ensemble, une grève reconductible. Nous n’avons pas oublié que c’est comme ça qu’il y a dix ans, nous avions fait retirer le CPE, lui aussi imposé par le 49-3.

Contrairement à ce que prétend le gouvernement, cette loi concerne tous les salariés : les contractuels, les précaires mais aussi les fonctionnaires. La casse de tous les droits des salariés du privé prépare la destruction du statut de fonctionnaire.

Cette loi synthétise la volonté de détruire les garanties et acquis collectifs par l’individualisation et la mise en concurrence des salariés entre eux, des écoles entre elles, des collectivités entre elles… Elle fait écho aux contre-réformes successives qui attaquent l’Education nationale et la fonction publique : réforme des statuts, des rythmes scolaires, réforme collèges, réforme territoriale, gel des salaires, PPCR (parcours professionnels, carrières et rémunérations), loi déontologie… Déjà, nombre de personnels dans notre secteur connaissent la précarité : CAE-CUI, AED, enseignants contractuels... Dans nombre de régions, plusieurs centaines de suppressions de postes sont prévues dans ces catégories de personnels.

Le 31 mars, nous avons fait grève pour le retrait de la loi Travail, à l’appel des organisations syndicales unies, aux côtés des centaines de milliers de travailleurs du public et du privé, et des jeunes. En avril et en mai, nous étions de nouveau dans la rue, avec les jeunes, lycéens et étudiants. Le 19 mai, de nouveau aux côtés des travailleur-se-s de tous les secteurs, nous avons pu constater que, loin de s'essouffler, la mobilisation s'enracinait. Personnels de l’éducation, nous ne pouvons tolérer de voir des centaines de nos élèves, de lycéens, d’étudiants, se faire matraquer, arrêter, passer en comparution immédiate et écoper de lourdes peines pour le simple fait d’avoir manifesté. Nous exigeons l’annulation de toutes les poursuites et condamnations contre nos élèves ainsi que l’arrêt de la répression administrative au sein des lycées (conseils de discipline…).

Depuis plus de deux mois que la mobilisation a démarré, impulsée par la jeunesse, le climat social a changé dans le pays. Cette contestation se maintient, appuyée depuis le 31 mars par les Nuits Debout qui s’ancrent à Paris, place de la République, et se développent en banlieue parisienne et dans les régions. Le gouvernement est isolé. Nous avons la possibilité de le faire céder mais pour cela il y a nécessité de grèves reconductibles dans plusieurs secteurs comme ce fut le cas dans les luttes victorieuses de 1995 et du CPE.

Et maintenant la question de la grève reconductible se pose concrètement dans plusieurs secteurs :

- A commencer par le secteur des raffineries : 5 raffineries sont désormais en procédure d'arrêt, suite à la décision des salariés de se mettre en grève reconductible.

- Chez les routiers, FO et CGT appellent à maintenir les actions jusqu'au retrait de la loi.
- A la SNCF, SUD Rail appelle à la grève reconductible depuis le 17 mai. Certaines gares ont reconduit la grève.
- La CGT RATP appelle à la grève illimitée à partir du 2 juin.
- L’appel du congrès confédéral de la CGT intègre la grève reconductible ainsi que de nombreux appels intersyndicaux régionaux.

- La convergence des luttes occupe une place importante dans les préoccupations des militants de Nuits Debout. Nous soutenons la volonté d’actions en commun entre Nuit Debout et des organisations syndicales pour faire un pas vers un mouvement d’ensemble contre la loi « Travail » et son monde.

Dans l’éducation, nous avons, depuis le 9 mars, fait plusieurs grèves dans la suite de celles pour les moyens, contre la refonte de l’éducation prioritaire ou pour le retrait de la « réforme » du collège, sans réussir à engager un mouvement de l’ensemble de l’Education nationale et nos combats sont restés trop souvent isolés des autres secteurs. Mais cette fois-ci nous avons la possibilité d’y aller tous ensemble et d’infliger enfin une défaite au gouvernement, prélude à d’autres. Oui, aujourd’hui, c’est la question de la généralisation de la grève pour le retrait qui est posée, et avec elle la mise en commun des luttes des différents secteurs mobilisés avec les Nuits Debout ! Dès le 31 mars, puis le 19 mai, par centaines de milliers, nous avons montré ensemble que nous étions prêts ! 

Seule la grève reconductible nous permettra de gagner contre la loi Travail, contre la répression mais aussi sur nos revendications sectorielles. Prenons exemple sur le lycée Rostand à Villepinte, en grève reconductible depuis plusieurs jours contre les suppressions de postes de CAE-CUI, ainsi que sur les assistants d'éducation d'Aulnay et de Sevran qui sont entrés en lutte.
      Nous appelons les personnels d’éducation de la région parisienne (enseignants, CPE, AED, personnels d’administration et d’entretien, animateurs…), convaincus de la nécessité de construire la grève reconductible dans le secteur de l’éducation, à s’organiser en assemblées générales locales, départementales et régionales dans cette perspective.
      Nous appelons à se mobiliser les 24 et 26 mai prochains, et à discuter partout où c'est possible de se mettre en grève reconductible, aux côtés de tous les secteurs en lutte. Nous appelons à porter cette perspective dans toutes les assemblées générales à Paris comme en régions, Nuits Debout, instances syndicales, et réunions syndicales qui vont se tenir. Nous appelons également à la constitution de cortèges « Personnels de l’éducation : nous aussi on bloque tout ! » dans toutes les manifestations à venir.

Cet appel national est ouvert à signatures individuelles et collectives à l’adresse suivante :

https://docs.google.com/forms/d/1QMuFqaRit_mZdofq3qnG9jQaQIuizOON6i39Yv-3El8/viewform#responses

Vous pouvez nous suivre sur le site : http://personnelsdeleducationdebout.jimdo.com/

Retrouvez nous aussi sur notre page Facebook : « Personnels de l’éducation debout : nous aussi on bloque tout »

Soutenez notre mobilisation en donnant à la caisse de grève : https://www.yoongo.com/fr-c-caisse-de-greve-des-personnels-de-leducation-contre-la-loi-travail

 

 

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Appel à la mobilisation des personnels de l'éducation
Appel personnels de l'éducation debout n
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