"Stoppons la répression qui frappe nos élèves !"

texte associé à l'appel "Personnels de  l'éducation debout, nous aussi on bloque tout"

 

Nous, professeur.e.s et personnels de l’éducation, constatons chaque jour combien la politique du pouvoir est d’autant plus injuste et brutale qu’il se prétend « socialiste ».

La destruction de l'éducation publique, la casse du Code du Travail, les lois sécuritaires et anti-immigré.e.s s'accompagnent d'une répression toujours plus violente contre le mouvement social.

Ainsi, en tant que professeur.e.s et personnels de l’éducation, nous sommes en lutte depuis plus de deux mois aux côtés de nos élèves contre cette inacceptable «  Loi Travail  » des Macron, Valls et El Khomri. Mais nous avons une responsabilité supplémentaire dans cette lutte : nous ne pouvons tolérer de voir des centaines de nos élèves, de lycéen.ne.s, d’étudiant.e.s, engagé.e.s dans la même juste lutte que nous, se faire gazer, matraquer, arrêter, passer en comparution immédiate et écoper de lourdes peines pour le simple fait d’avoir manifesté ou bloqué leur établissement.

Nous exigeons et nous nous mobilisons pour l’annulation immédiate de toutes les poursuites judiciaires et de toutes les condamnations contre nos élèves, contre les jeunes en général ainsi que l’arrêt de toute répression administrative au sein des lycées et universités (conseils de discipline, blâmes, menaces de toutes sortes…).Nous dénonçons la collaboration de certaines directions d'établissements avec les services de police pour réprimer les lycéen.ne.s.

Nous affirmons notre pleine solidarité avec les élèves, premières victimes des mesures iniques imposées par ce gouvernement et des violences policières inouïes qui les accompagnent. Nous défendons le droit des lycéen.ne.s  à se mobiliser et à exercer ainsi leur liberté d’expression. Si le droit de grève et de manifestation était respecté pour les lycéen.ne.s, il n'y aurait aucun débordement, aucune violence.

Aussi nous nous engageons à faire à chaque fois la démonstration active et résolue de cette solidarité en refusant d’être instrumentalisé.e.s pour empêcher nos élèves de manifester :

- tout d’abord, refusons de faire cours lorsque notre établissement est bloqué par les élèves ou de rester confiné.e.s à l'intérieur comme le souhaiterait notre administration n'hésitant pas à brandir notamment la vaine menace d'un pseudo «  devoir de réserve  » des professeur.e.s qui, juridiquement, n'existe pas ;

- ensuite, demeurons aux côtés de nos élèves en cas de blocus afin de d' empêcher que la police ne se croie tout permis en l’absence de témoins adultes ;

 

- enfin, réunissons nous systématiquement en assemblée générale afin de produire des communiqués pour faire connaître la mobilisation comme la répression policière et empêcher les sanctions administratives d’autant plus mesquines, qu’elles engagent l’avenir des jeunes.